Chapitre I

Chapitre I


J'étais en train de vomir sous la pluie, je ne savais pas comment j'avais atterrie sur cette avenue, ni même comment je m'appelais ou encore pourquoi j'avais un sachet de coke dépassant de mon sac qui trempait dans le caniveau.

La pluie dégoulinait sur mon visage, me rinçant de toute souillure, les gouttes s'initiaient sur mes lèvres putrides de vomis. Je pris mon sac, le sachet et j'ai continuer à marcher tant bien que mal le long de cette avenue jusqu'à ce qu'une flaque d'eau m'émergea jusqu'aux chevilles. Je pris mes mains, les collèrent cote à côte, et avec j'ai pris cette eau de pluie dégoûtante salie par la rue et je me suis enivrer tout le visage avec. Je n'en pouvais plus, j'étais absolument vide, vide dans mon c½ur, vide dans ma tête. Je me suis laisser tomber sur le trottoir, dos au sol, les cheveux trempant dans la boue et le visage face à cette pluie glacée qui semblait me réconforter. C'est alors qu'une voix féminine surgit de nulle part, les bruits de talons aiguilles se faisait entendre sur ce trottoir jusqu'à moi.

- Ca fait 1h qu'on te cherche ! T'aurais pu avoir la décence de nous dire que c'était toi qui avait la coke !. C'était Mathilde, sauf que je ne le savais pas encore, puis une voix masculine cette fois se pencha à mes côtés.

- Est-ce que ça va ? Tu nous entends ?. C'était une voix profonde, c'était Clément tout simplement, mais lui aussi je ne savais plus qui il était.

Durant mon état léthargique au sol, je les entendais discuter.

- Et qu'est ce qu'on fait maintenant ? On va pas la laisser là, comme une pauvre conne affalée sur le trottoir ? T'attends quoi au juste ! Relève là !

- Oui, c'est ce que je comptais faire. Elle a sûrement du encore prendre toutes ses saloperies et perdre toutes notions. Comme d'habitude quoi.

- J'm'en tape relève là, et on va directement chez moi.

A peine ces mots échangés, je me sentis soulever, ma tête tournait, c'était affreux, la nausée aux bords des lèvres, les commissures de ma bouche avait le vertige. Ma gorge se serrait, j'étais si bien sous cette pluie, elle avait finit par me transpercer, elle avait toucher ma poitrine, mon ventre et mes cuisses. Elle m'avait caresser, je la regardais d'en dessous, elle a veiller sur moi, elle m'a nettoyer, et on se permettait de m'ôter à cette bienfaitrice ?

On m'a poser délicatement sur la banquette arrière de cette voiture. Mathilde s'alluma une cigarette comme à sa grande habitude, mit un cd, je me souviens encore, c'était un air des Clash, Mathilde adorait les Clash, mais ça encore, à a ce moment je n'en savais absolument rien, impossible d'identifier du Polnaref des Clash. Elle ouvrit la fenêtre de son côté, je voyais des cheveux d'un blond profond voltigés vers moi. Ils étaient longs et perles de pluie.

L'air frais me faisait du bien. Je me sentais moins oppresser.

# Posté le mardi 31 juillet 2007 19:19

Modifié le mercredi 01 août 2007 05:08

Le vrombissement de ma tête posée contre la vitre me massait délicatement les tempes, je commençais à avoir froid. Mes vêtements étaient littéralement trempés, je tremblais.
Mathilde commençait à fredonner les Clash d'une voix tamiser en tirant toujours quelques lattes quand Clément saisis le frein à main. Mathilde sortit nerveusement et claqua la porte violemment.

-Bon, descends et surtout prend son sac, moi je veux ma ligne ok ?
-Ok, tu l'auras ta ligne, t'en fais pas !

Clément me prit dans ses bras, alors je me suis laisser tomber, il sentait l'odeur du type impeccable, l'odeur enfantine d'un adolescent, celle qu'on sent directement dès qu'on entre dans une chambre de garçon, mélangeant effluves d'after shave et d'odeur personnelle.
Mathilde poussa la porte de son appartement assez spacieux. Mathilde était jeune, jolie, assez aisée et cocainée jusqu'à la moelle, toujours éternel insatisfaite et capricieuse. Son père lui versait de l'argent régulièrement, se sentant toujours coupable de n'avoir jamais passer assez de temps avec elle, il essayait de compenser avec l'argent, ce qui nous arrangeait, c'était un peu grâce à Mathilde qu'on avait eu cette dope.

-Fous la dans mon lit, on peut rien en tirer je crois. Elle a du s'enfiler la moitié du sachet déjà et vu comme elle empeste l'alcool et la gerbe, elle a pas du passer un bon quart d'heure.
-Entendu.

Clément me mis sur le lit, et commença à m'ôter mes vêtements humides, jusqu'à ce que je sois en sous vêtements, m'allongea, le contact des draps me fit frissonner puis il me borda. C'est alors que j'ai commencer à divaguer, je claquais des dents, j'avais la sensation que mes yeux tournaient sur eux même.

-Pourquoi les princesses ont elle des lits très haut et grands, toujours impeccables, doux et qui sentent bons ? lui dis-je d'une voix absolument sereine, Clément esquissa un sourire avant de me répondre.
-Parce qu'elles en sont dignes, ou tout simplement parce qu'elle sont bourrés de thunes, qu'elles n'ont pas a faire leur lit, a changer les draps, qu'elles baisent pas dedans, et qu'elles s'amusent même à mettre des petits pois en dessous leurs matelas !
-Et moi ?
- Toi ? T'es tout sauf une princesse, je te le dis !
- Si, je suis fille de reine et de roi, alors je suis une princesse.
-Je vais t'expliquer quelque chose, ton père est un pauvre connard, ta mère est une victime et toi tu t'appelles Séréna et tu es une névrosée qui s'allonge par terre complètement grignotée par la drogue qui est en toi, mais c'est sûrement pour ça que je t'aime.

Il m'embrassa sur le front, me laissa dans ce lit moche et grand, ce lit de princesse que je n'étais pas, avec l'envie de cracher dans les draps et de l'étouffer avec l'oreiller.

# Posté le mardi 31 juillet 2007 20:18

Modifié le vendredi 03 août 2007 12:17

Je me suis réveillée à 17h30 avec des cernes aux couleurs mornes et la peau toujours aussi pâle. Mon sommeil avait du être affreusement agité, le lit paraissait comme éventré par ma présence, j'ai du dormir d'une façon si désinvolte que je n'avais même plus de draps.
Je me suis souvenue de ce goût amer avec lequel je m'étais endormie, je me suis souvenue également que Clément avait pris soin de moi, comme à sa grande habitude. D'ailleurs je me souvenais de tout, de la chambre de Mathilde, cette chambre si confortable et éc½urante à la fois. C'est vrai, tout était propre et ranger, cela me donnait envie d'en arracher le papier peint, de faire devenir cette pièce un véritable capharnaüm.
J'ai marcher sur le parquet qui ne craquait pas, je n'ai jamais connue de parquet qui ne grinçait pas sous mes pas. J'ai été dans la cuisine prendre un verre de lait. Mathilde y étais assise, adossée contre le frigidaire, une clope à la main et une main empoignant sa chevelure blonde.

- Où est Clément. Lui ai je alors demander.
- Je crois qu'il est parti chercher un dealeur.
- A cette heure ci ?
- Bah ouais. A cette heure ci ! Il y a bien des gens qui se lèvent à 17h30...
- Je vois.

Depuis une semaine, Mathilde n'était plus la même, après tout ces évènements c'était presque normal ... seulement, j'aurais aimer qu'elle ne me traite pas ainsi. Je détestais que les gens me traitent de façon banal. J'ai enfiler mes vêtements encore humides et sals, j'ai pris mon sac et je me suis allumée une clope en descendant l'escalier de l'immeuble. Quand, arrivée sur la dernière marche, je croisa Clément qui allait dans l'autre sens.
Je l'ai regarder d'un air méprisable, je ne sais pas pourquoi. Ses yeux d'un vert vertigineux semblaient relater de si pénibles louanges qu'on pouvait presque en deviné les larmes coulées sur ses joues. Les gens pouvant parler ainsi avec leurs yeux m'ont toujours agacés.
Je poursuivis ma route sans même prendre la peine de l'écouter ou de lui dire bonsoir.
J'avais rencontrer Clément une nuit où je marchais pour nulle part, une nuit où il faisait très froid, une des nuits où vos pas brisent le silence placide de la nuit, une des nuits où vous avez envie de mourir heurter par un camion de livraison de viandes congelées. Clément était à sa fenêtre de son piteux studio, je me souviens. Il m'avait demander l'heure et je lui avais répondu que je ne savais pas, que la nuit toutes les heures sont semblables et qu'il y a un charme a ne pas savoir quand le sommeil se fait sentir, et que plus jamais je ne saurais l'heure qu'il est. Après cette réponse, il n'a pas paru perplexe il m'a tendu une cigarette, je l'ai saisie de mes doigts bleutés par le froid.

J'ai encore l'impression d'avoir le goût de cette Marlboro dans la bouche, et comme quand je pars pour nulle part on peut toujours y constater des traces de rimmels entaillant mon visage.
Clément ne m'a même pas demander pourquoi j'avais pleurer, j'avais pourtant l'air d'une pauvre fille, le maquillage dégoulinant, les affaires froissées et les collants troués. Mon rouge à lèvres déteignait sur le filtre de sa cigarette, je tirais fort ce soir là. J'avais une veste grise avec de larges poches où l'on pouvait y voir une bouteille de whisky, seul détail que Clément remarqua et à cela il me dit :
- Il est finit ton whisky ?
- Non. J'aime pas les fonds. Je laisse toujours des fonds dans mes bouteilles.
- Dans ce cas tu vois aucun inconvénient à ce que je le finisse ?

D'une main tremblante je lui tendis la bouteille, il défit le bouchon, le posa sur le rebord de la fenêtre et bu d'une traite le fond de whisky. Je voyais sa pomme d'Adam danser a chaque gorgée, ça m'amusait, alors j'ai souris.

- Je n'ai jamais connu de fille buvant du whisky pur.
- Je n'ai jamais eu quelqu'un pour finir mes fonds de bouteilles.

Et il se mit lui aussi à adopter un air niais et le sourire qui va avec.

# Posté le vendredi 03 août 2007 12:16

Modifié le lundi 06 août 2007 19:09

Il se faisait tard, l'alcool m'avait un peu tourner la tête, il était toujours là, lui et son air niais à sa fenêtre. Ce que je voyais dans le sombre, dans le froid me plaisait. La lumière du réverbère de la rue éclairait suavement son visage. C'est comme ça que j'ai vu qu'il avait les yeux verts. Je ne saurais jamais expliquer ce que je trouve dans les yeux verts, mais je trouve cela magnifique. Apres un silence je lui adressa la parole, l'air un peu vague et la voix timorée.
- C'est une jolie nuit pour nulle part.
- Pourquoi ?
- Anodine, calme et froide.
- Pourquoi veux tu partir pour nulle part ?
- La banalité m'insupporte.
- Vraiment ? Alors passe par ma fenêtre.

A ces mots, j'enjamba sa fenêtre.

- Chez moi aussi c'est nulle part tu vois.

C'est vrai, après tout lui aussi venait de nulle part. C'était un studio dans le quel j'avais mit les pieds ce soir là, vraiment petit mais impeccable . Tout était ordonner et ranger.
Même le lit était fait, juste quelques vinyles traînaient au sol à côté de leur carton. J'en reconnue plusieurs d'entre eux.
Il s'assit sur son lit et commença à se rouler un joint tout en silence, c'est alors que je me suis souvenu que quelques heures auparavant mon chat s'était fait écraser. Oui, je sortais de chez moi quand mon chat heurta une voiture, j'accoura à lui, ses yeux étaient clos, je le pris dans mes bras, ma mère était sur la palier, le type de la voiture s'arrêta, j'ai alors cracher sur ses chaussures et je me suis tirer, les avant bras plein de sang.
Puis Clément interrompit mes pensées.

- Tu veux un joint pour accompagner ta virée pour nulle part ?
- Tu sais mon chat est mort.
- Je fumerais en sa mémoire alors. Il s'appelait comment ?
- Perdican.

Je l'avais appeler comme ça en référence à la fameuse pièce de théâtre de Musset.
Je me suis assise à côté de lui et puis j'ai ôté ma veste et je l'ai laisser tomber au sol sur le carrelage noir et blanc, j'ai passer ma main dans mes cheveux et je me suis laisser renverser sur son lit parfait. Il s'alluma son joint et puis s'allongea en se tournant vers moi me laissant ainsi tirer sur son joint.

- Quand je passe une mauvaise journée je fais une croix sur le mur au dessus de mon lit. Ca me manque de pas l'a faire.
-
Clément ne me regarda même pas d'un air outré, il prit simplement un crayon dans sa table de nuit.

- Fait la.

Je saisis le crayon, comme depuis mes 15 ans, et je traça une croix, une belle et spontanée croix. J'en avais plus de trente sur mon mur. A chaque fois que je les regardais, c'était comme des stigmates qu'il me semblait voir, mais en fin de compte je ne savais plus ce que chacune d'elles représentaient.
Du revers de son pouce, Clément effaça la trace de mascara qui se faisait sentir sous mon ½il. Un geste qui d'habitude m'aurait éc½urer, et je n'ai jamais su pourquoi, sûrement parce qu'on me ne l'avait jamais fait. Il était beau, la pénombre lui allait à ravir.
Ses silence et sa présence me réconfortait, cela changeait de tous ces insipides baveux avec leurs belles phrases comme quoi cela va s'arranger, vous savez les gens qui essaient de vous persuader de relever la tête ne sont qu'en fait des paumés refoulés. Moi je ne savais pas où j'allais et je l'assumais.

# Posté le dimanche 05 août 2007 20:45

Modifié le lundi 06 août 2007 19:08

C'est comme ça que j'ai connu Clément. Un garçon charmant et tendre avec une vie désastreuse à souhait, des yeux énigmatiques et une voix délassante. Cela faisait six mois que l'on était ensemble et pour être franche, je n'ai jamais fait attention à lui.
J'étais ailleurs, passive, spectatrice de ma propre vie, bien sûr au début comme toute relation, c'est une sorte de passion qui s'installe entre vous, seulement moi et la passion c'est comme l'amour qu'une vieille peut apporter à son chien, au début il est mignon il donne la patte, il vous liche la joue, il vous fait rire, vous occupe, et après il vous méprise profondément sauf à l'heure du repas, bien évidemment, il ne rattrape plus la balle, vous n'êtes plus son maitre et devient alors encombrant et inutile.
Ce n'est pas une parfaite comparaison, mais mes pensées avaient du mal a émergées depuis hier soir. Je fumais sur la terrasse d'un café, avec le vernis des ongles écaillés parce que le dissolvant était passer sur un foulard que je sniffais tous les soirs, et je pensais, j'écrivais toujours des livres dans ma tête, je faisais des films et même de la musique. De la musique cérébrale, où il n'y que vous seul qui puisse en jouir. La meilleure des musiques est celle que vous faite naître dans votre crane, tout comme vos visions perdues.
C'était une journée hideuse il faisait beau, je me sentais complètement décalée par rapport au temps. J'avais envie de gris, d'orage, de sombre et de brouillons. Les couleurs m'éblouissaient, j'avais envie de voir tout en délavé et de voir les gens se hâter courir comme des débiles sous leurs parapluie. J'ai toujours eu ce fantasme avec la pluie et le temps. J'ai toujours rêver que les gens se figent, que la vie s'arrête, mais que seule la pluie continue, ainsi je marcherais dans le sens inverse, le temps arrêter, et la pluie elle sera là, toujours bienfaitrice et amicale.
Une ombre se présenta en face de moi, c'était Clément.

-Est-ce que tu me fuis ?
-Si je devais fuir ça ne serais pas après toi, mais après vous tous, je ne perdrais pas mon temps à fuir ton unique personne.
-Tu m'en veux ?

Clément avait toujours cette habitude de se repentir pour rien, et moi, j'ai toujours trouver sa faible. Petite je préférais passer ma journée à dos avec tout le monde que devoir m'excuser parce que j'avais décapiter Barbie princesse je ne sais quoi avec la tondeuse de mon grand-père. J'ai toujours trouver ça pitoyable et affreusement petit.

-Encore une fois, ce n'est pas après toi que j'en ai.
-Encore après la terre entière ? Tu crois peut-être sincèrement que ta haine en vers tous les gens peut changer quelque chose ?
-Je ne crois en rien.

Il commanda une bière pression.

-Même pas en ta misanthropie ?
-Non, parce que des gens comme toi l'ont trahit. C'est qu'elle n'était pas assez forte.
-Ca peut être aussi parce que tu as besoin des autres mais que tu le refuses.
-Tu sais quoi ? Je m'en fiche.

Il s'alluma une cigarette sûrement par habitude, puis s'étira. A ce moment là, après lui avoir montrer mon indifférence et mon éternelle froideur j'avais follement envie de lui. Moi même je ne me suis jamais réellement comprise, jamais tout court d'ailleurs.
Un type sur ma droite lisait le journal, tout de suite mon regard bloqua sur la une.
« Un jeune homme de 19 ans s'est suicider en laissant comme raison qu'il ne pouvait pas vivre dans un monde où le ciel ne serait jamais rouge. »
J'ai réagis très violemment, je me suis levée et j'ai arracher des mains ce journal et j'ai hurler.
- Mais merde c'est indécent même quand tu crèves on fout ton épitaphe sur les journaux ! C'est dégueulasse il a jamais voulu ça, il aurait jamais voulu ça.
Clément me saisis par les bras et laissa 10¤ sur la table et s'excusa humblement au près des gens du café avec ces mots si laids :

-C'était un ami à nous ...

# Posté le mardi 07 août 2007 21:07